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Camille Claudel au Panthéon

Les trois étapes de sa vie

Parler de Camille Claudel, de sa vie, peut se faire dans un rythme en trois temps aux cadences parfois effrénées, faites de choix et de légitimes ambitions. Trois temps qui vont se succéder dans des actes de ruptures. Cela aurait pu être un enchaînement d’expressions pour une symphonie de la gloire : ce sera une suite d’engagements qui ne permettrons pas que soit reconnu un art sublime trop en avance sur son temps et son espace.

Chacune de ses vibrations sont marquées du rapport à la liberté. Chaque frappes résonneront de ces regards et mouvements dans l’affirmation du droit vibrant dans cette liberté de création d’une femme. Mais ce droit, cette liberté pour une femme prodige lui seront refusés. La symphonie d’une sculptrice ne pouvait s’entendre. Une triste et terrible arrière scène l’engloutira.

La vie de Camille Claudel est une symphonie sociétale qui durera 79 ans.

Chacun de ses trois mouvements, formant les étapes de sa vie, se succèdent dans des actes de rupture totale.

 

 

 

 

La première étape est celle qui se construit à partir de sa naissance, et celle de son adolescence dans laquelle, et de manière étonnante, elle s’affirme dans un don très vite remarqué pour les pratiques artistiques et surtout le modelage et la sculpture. Sans que cela ne lui soit explicité, Camille « dessine, écrit et construit » sa vie.

Sa capacité à décider et s’affirmer va être mise à l’épreuve lorsque son professeur en arts plastiques lui dit qu’il doit quitter le territoire, donc mettre fin à son accompagnement ; il l’informe surtout du fait que sa seule alternative sera soit de partir pour Paris, soit tout abandonner de ses pratiques artistiques, maintenant affirmées.

Elle prendra une décision très rapidement. Celle qui l’amène à installer à Paris toute sa famille en 1881, pour qu’elle suive son ambition artistique à l’école Colarossi qui lui avait été indiquée. Son professeur lui a également conseillé l’atelier de son ami Auguste Rodin. Camille a 17 ans. Cette décision qu’elle impose à sa famille avec une détermination, bouleverse une organisation familiale qui jamais n’avait été ni pensée ni envisagée comme objectif possible.

Sa mère aura très vite des comportements de désaccord sur cette attitude à l’inverse de son père accompagnant. Une ambiance familiale qui définira son caractère et sa personnalité et notamment dans ses rapports avec sa sœur et plus fortement encore avec son frère.

La deuxième étape est celle de la construction et de l’affirmation de son art. Elle a vite quitté l’école Colarossi pour l’atelier du grand maître Rodin. Un acte bien sûr ordonné par ses relations avec son « maître » et ce frère cadet Paul Claudel. Après avoir réinstallé sa famille et compris les pistes d’avenir pour son frère et sa sœur, elle cerne son espace d’artiste et se prépare à affronter ce monde inconnu dans une société qui n’est pas celle de son origine et que sa mère ne supportera jamais. Un monde dans lequel son frère comprendra rapidement qu’il peut y trouver des appuis à ses légitimes ambitions. Un monde dans lequel elle cultivera de nombreuses relations, montrera ses capacités et ses dons de dessinatrice, de sculptrice initiant des concepts nouveaux dans ce domaine et peut être même définira les pratiques de la sculpture moderne. Ce monde où elle affirme sa puissance, sa place de femme déterminée, sa liberté de créer et de penser, d’être aussi dans une place où l’amour pour son maître va l’emporter. Elle est passée d’un don inné pour le travail de la terre, de l’onyx et du marbre à la construction d’une œuvre de génie que bien d’artistes ont du mal à nier. Cette reconnaissance de femme de génie, Rodin lui-même l’affirmera, mais dans un rapport d’amour ambigu qui alimente un esprit qui se tourmente. Un esprit inondé des paroles de son amant qui lui dira régulièrement qu’un jour elle s’appellera Camille Rodin, mais qui ne quittera jamais sa compagne devenue sa femme 15 jours avant qu’elle ne décède.

 

Camille est certes reconnue dans ce génie de la sculpture qui a marqué beaucoup d’œuvres de Rodin dans cet atelier aux commandes de grandes valeurs. Camille participe à ces commandes et construit son propre parcours. Sa place, ses pratiques, ses audaces créatives, ses nouvelles relations et ses tourments, l’amènent à imaginer une autre vie dans un autre atelier. Ce qu’elle fera. Durant plus de 10 ans elle va s’investir dans sa pratique de plus en plus reconnue mais aussi dans la souffrance. Une souffrance qui l’emportera en 1913 sur les chemins de l’Asile de Ville-Evrard.

Ainsi s’ouvre pour cette femme artiste de génie, Une troisième étape, elle a 49 ans. Les deux précédentes ont été écrites, décrites, analysées, commentées, reconnues depuis à peu près 40 ans, et avec beaucoup d’attention et d’améliorations sur la réalité de ces années. Ce troisième mouvement est nettement plus resté dans l’ombre et se trouve jalonné de moments et de faits qui demandent souvent des rectifications. Des rectifications qui s’imposent, pour rendre à Camille Claudel sa dignité, jusqu’au bout de sa vie et permet de mieux respecter son histoire. Cela demande une sorte d’embarquement pour un voyage particulier, à la découverte d’une Camille Claudel en « placement volontaire » conforme à la loi du 30 Juin 1838, dans des moments, des événements de la vie asilaire et de ses transformations.